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L'accouchement naturel aujourd'hui

L'accouchement naturel commence à devenir le sujet central dans la recherche des modes d'accouchement.

L'accouchement est un événement merveilleux dans la vie de chaque femme qui a la chance d'avoir un enfant. Le XXIe siècle, époque de développement de la pensée humaine et de la technologie, avec le recours notamment à l'intelligence artificielle, ne modifie en rien ce merveilleux événement naturel. L'accouchement physiologique, et plus encore l'accouchement naturel, commence à devenir le sujet central dans la recherche des modes d'accouchement. Ainsi, des notions comme « l'accouchement dans l'eau » et « l'accouchement à domicile » commencent à devenir une réalité dans notre pays également, traduisant le besoin d'être à l'écoute d'autres façons d'accoucher, y compris celles d'époques plus anciennes.

Que signifie toutefois accouchement physiologique, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?

C'est celui qui commence spontanément entre 37 et 42 semaines et qui, du début à la fin, ne présente pas de risques manifestes.

Que signifie accouchement naturel ?

Cela signifie un accouchement sans intervention médicale. C'est-à-dire sans déclenchement du travail par des substances médicamenteuses comme l'ocytocine, sans rupture artificielle des membranes (rupture de la poche des eaux), sans médicament pour accélérer le travail, sans anesthésie, sans aide instrumentale par ventouse ou forceps au moment de la sortie du bébé et sans césarienne. Le corps de la femme déclenche le travail de lui-même et, à son propre rythme, aboutit à la naissance.

Que se passe-t-il au niveau international ces dernières années avec le « modèle de soins maïeutique » ?

L'accent est mis sur l'accouchement physiologique, en soutenant la capacité des femmes à accoucher avec un minimum d'interventions. Dans cette perspective, l'OMS a désigné l'année 2020 comme l'Année de la sage-femme et du personnel infirmier, et ainsi se sont développées en Amérique et en Europe les maisons de naissance MLU (Midwifery Led Units Birth Centres), structures de santé où se déroule l'accouchement naturel et où les soins prodigués suivent le modèle maïeutique de suivi, tant pendant la grossesse que pendant l'accouchement. Aujourd'hui, dans la plupart des pays du monde, il existe un cadre réglementaire régissant le fonctionnement des maisons de naissance, et les organismes internationaux ont publié des recommandations (NICE, NHS).

Il existe deux types de MLU : soit attenantes à la maternité, soit autonomes. Les unités attenantes partagent les mêmes locaux que la maternité. Elles offrent les avantages d'un environnement à la fois domestique et hospitalier. Les centres autonomes, à l'inverse, sont séparés du service de gynécologie des hôpitaux et, en cas de complications, les femmes sont transférées à l'hôpital en ambulance. Pour les grossesses à bas risque, il est démontré que la prise en charge dans des maisons de naissance autonomes peut donner des résultats équivalents, voire meilleurs, que la prise en charge hospitalière.

Dans les pays économiquement développés, où le taux de césariennes dépasse 30 %, les MLU offrent une alternative à l'hôpital. Par exemple, les naissances en MLU en Angleterre sont passées de 5 % à 14 %, et le nombre de maisons de naissance autonomes a doublé entre 2010 et 2016.

Les standards de soins maïeutiques dans les pays développés deviennent une priorité en matière de financement, de législation, mais aussi de formation de celles et ceux qui exercent dans ce domaine.

Qu'en est-il dans notre pays en matière de promotion de l'accouchement naturel ?

En 2022, l'État grec a intégré l'accouchement naturel dans sa législation et autorise le fonctionnement de maisons de naissance, rattachées sur le plan organisationnel et fonctionnel au service d'obstétrique et de gynécologie dont elles dépendent. Dans notre pays, au département de maïeutique de Macédoine-Occidentale, des cours de simulation d'accouchement naturel ont été intégrés au cursus depuis 2023. Le couple y participe entre 36 et 38 semaines de grossesse, dans l'attente du déclenchement spontané du travail, et choisit parmi les options disponibles pour toutes les phases de l'accouchement. Des cours portent sur les positions alternatives d'accouchement, sur l'accouchement dans l'eau et sur le recours à l'hypnose pendant le travail, comme moyen de réduire le besoin d'analgésie. L'accouchement naturel devient désormais, dans notre pays aussi, une science qui s'enseigne, avec des principes et des compétences bien définis.

Le taux de césariennes en Grèce était de 61 % pour les années 2018-2022. La Société hellénique d'obstétrique et de gynécologie avait déjà reconnu en 2014 le problème de la tendance croissante aux césariennes et publié la première recommandation relative à la césarienne en Grèce.

Le rapport de la commission pluridisciplinaire de 2016 mentionne, parmi les principaux facteurs des taux croissants de césariennes en Grèce, le manque d'effectifs dans le secteur public en anesthésistes, obstétriciens et sages-femmes, ainsi que la formation insuffisante à d'autres façons de conduire un accouchement par voie basse. Le rôle des sages-femmes, la moindre valeur accordée à l'accouchement par voie basse et, parallèlement, l'acceptation sociale de la césarienne, tout comme la situation démographique en Grèce, constituent également des facteurs importants.

En 2018 a débuté une vaste étude nationale, ENGAGE (étude prospective, multicentrique et randomisée, avec la participation de 22 services), visant à explorer les causes du taux élevé de césariennes en Grèce et à mettre en place des interventions pour le réduire. Les données de cette étude montrent d'ailleurs que le taux de demandes maternelles de césarienne en Grèce est de 11 %, si l'on exclut les femmes ayant déjà eu une césarienne.

De quoi notre pays a-t-il finalement besoin pour que l'accouchement naturel soit réellement favorisé ?

D'une coopération et d'un changement de mentalité chez les acteurs des soins maïeutiques. Il est certain que la mentalité des Grecques elles-mêmes a évolué, à l'écoute des changements déjà en vigueur dans d'autres pays du monde, ramenant ainsi l'accouchement naturel dans nos vies. Cela doit toutefois se faire dans des limites et des conditions prédéfinies, afin que l'accouchement se déroule en toute sécurité pour l'enfant et pour la mère, et que la satisfaction émotionnelle de tous soit atteinte au maximum au terme de cette démarche.

L'article sur double page du Dr Anna Athanasaki consacré à l'accouchement naturel dans WHF Magazine, tel qu'il a été publié
L'article tel qu'il a été publié.

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